Shopping thérapie

Hier soir, c’était trop nul. Je suis sûre que ma fille avait du faire un pari à l’école, genre « le premier qui pousse sa mère au suicide a gagné ». Si, ça doit être ça, parce que je ne peux pas concevoir que cette petite morveuse ait pu m’en faire baver à ce point juste comme ça, gratuitement, même pas pour la gloire.

Alors à 21 heures, effondrée sur mon canapé, j’ai versé des larmes amères sur la maternité, me demandant pourquoi, mais pourquoi bordel, j’étais une mère aussi nulle. Je me suis détestée. Puis j’ai détesté ma fille. Et mon mari. Mes parents. Mes futurs petits-enfants. Et puis toute cette saloperie de merde de famille que j’ai voulu fonder.

Bon, après ce démarrage de soirée très constructif, je suis passée à des remèdes sérieux et j’ai attaqué le Nutella, sur des crêpes. Mmmmm, ché bon, cha. Cha cale bien. Cha réconforte. Surtout avec du Coca (light, mais bon).

Et ce matin, après avoir déposé les petits salopiots à l’école (eux allaient très bien), je suis partie en expédition fringues. Parce que je le méritais bien. Et que si je ne m’étais pas trouvé des sapes miraculeuses avant midi, je ne serais peut-être plus là pour l’écrire. Je ne savais pas exactement ce que je voulais, vu qu’objectivement, je n’ai pas besoin de grand-chose : quand on ne peut plus fermer les tiroirs des commodes, c’est qu’on n’a pas besoin de grand-chose, non ?

Il me FALLAIT un pull, d’abord. Noir, même si c’est encore interdit cet hiver (je suis une fille out of fashion, à mort). Un truc qui serait à la fois seyant, dans lequel je puisse empaqueter mes flotteurs sans avoir l’air d’un Bibendum, qui ne soulignerait pas trop ma taille (elle et moi on est un peu fâchées), qui soit assez long pour cacher mon cul, et dont les manches ne soient pas trop étroites (le drame des bras dodus, ça vous parle ? Non, pas toi, la fille mince et blonde, tu n’es pas sur le bon blog, va-t-en !).

J’ai trouvé la merveille. Sublime. Magique. Le pull qui me rend aussi belle à l’extérieur que je le suis à l’intérieur. Et jusqu’ici, seules deux personnes avaient réussi à me procurer cette sensation, alors c’est dire si ce pull est trop classe. Il est assez généreux pour pardonner à mes seins d’être deux, caresse mon dos sans insister, me fait oublier que je suis petite et pas vraiment, euh, comment dire, mince, bref il me va comme un gant (tiens, faudrait que je me rachète des gants, j’y pense).

Le problème, c’est que j’aurais du m’arrêter là. Je me sentais mieux, confortée par l’essayage comme cela arrive rarement, j’étais prête à affronter l’existence, la Force était avec moi. Trop peut-être…

Au final, je suis ressortie avec :
– Un autre pull, gris, long, avec un décolleté mortel (c’est l’effet euphorisant du premier pull, ça m’a encouragée à abandonner la technique camouflage : j’avais trouvé un pull qui planquait mes nichons, j’en ai choisi un autre qui les montre, logique)
– Des jambières multicolores qui feront très bien avec une jupe et mes bottes.
– En fait, j’en ai pris trois paires, des jambières. Multicolores, ça veut dire plein de couleurs, mais pas obligatoirement TOUTES les couleurs sur UNE paire, ok ?
– Un bonnet pour ma fille (pas pu me retenir)
– Des jambières pour elle aussi, faut pas déconner, je suis une bonne mère.
– Un super anorak pour mon fils, ça, c’était prévu, c’était même en fait le seul achat prévu.
– Un béret pour ma fille, parce que je ne suis pas sûre que le bonnet lui plaise vraiment (je me dis qu’avec le ticket de caisse, je pourrai ramener l’article qui ne l’a pas emballée).
– Une écharpe géniale pour JP.

Qu’est-ce que je me sens bien !