Cher Valentin

Cher Valentin-sale-empaffé-de-ta-race,

Si je me permets de t’écrire aujourd’hui, c’est pour te dire, d’emblée, que je t’emmerde.

D’ailleurs je ne suis pas la seule : une bonne part de l’humanité contrainte de subir ta gerbante campagne médiatique annuelle – hommes et femmes confondus – ne peuvent pas te mettre en peinture. Tu es un gros con opportuniste, Valentin. Et ton règne vacille.

Les mecs te prennent pour un suceur de Cartes Bleues et ils ont bien raison. Tu pousses le Mâle à une hypocrite débauche d’achats dégoulinants mêlant coeurs rouges à paillettes et sentiments mielleux.

Quant à la Femelle, tu la rends débile : tout ce qu’elle dépense pour infliger à son partenaire des cadeaux à chier est autant de pognon dont elle ne disposera pas pour les soldes. Inadmissible.

De plus, je suis sûre que les femmes te haïssent parce qu’à cause de toi elle souffrent deux fois pour le même tarif :
– Soit elles sont célibataires et ta célébration dégueulasse est un coup de hache en plein coeur (je ne te pardonne pas de foutre le moral à zéro à plusieurs de mes copines qui valent mieux que ça).
– Soit elles sont maquées et ta célébration dégueulasse met en lumière à la fois la mauvaise volonté de leur Mâle, la mauvaise foi de la Femelle,  bref tout le potentiel d’engueulades difficilement contenues par le couple le reste du temps.

Personnellement, je t’ignore avec mépris.

Aucun homme amoureux n’a besoin de ta lourde artillerie médiatique pour témoigner à sa gonzesse de la profondeur de ses sentiments. Pas besoin de se fendre d’un bouquet à 50 € le 14 février pour montrer à une femme qu’on l’a dans la peau. Il y a 364 autres jours dans l’année qui font très bien l’affaire, et sans faire péter la Gold sur le comptoir d’un fleuriste, bijoutier ou parfumeur… Sans compter qu’il n’y a rien de plus pitoyable qu’un mec qui court chez le fleuriste le jour de la Saint Valentin alors qu’il se conduit comme un mufle le reste de l’année…

Chez moi, tu es grillé, Valentin Queue-de-Gnome : le Mâle et moi on a eu ta peau. Je suis née le 10 février et lui le 18. Tu es donc cerné, Valentin La-Couille-Molle, par nos deux anniversaires auprès desquels tu ne fais pas le poids.

Le Mâle et moi on te marche donc sur la gueule avec un bel entrain le 14 février ; mais quand vient l’été et que les roses ne sont pas trop chères, on se gratifie parfois, au terme d’une journée heureuse, d’un petit bouquet. Ou pas. On s’en cogne : la vie à deux se passe de symboles, surtout quand ils sont en « promotion spéciale fête des amoureux ».

Donc, Valentin Le Minable, je t’emmerde, toi qui as fait de l’ostentation ton fonds de commerce.

Alors va chier ta race, je ne te salue pas.

La Peste.q